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Bûche de Noël
Temps de préparation
02h00
Temps de cuisson
20min
Temps de repos
02h00
Nombre de portions
10p
Difficulté
Difficile
Côut par personne
0.60€/p

Bûche de Noël

Calories : 449.14 kcal Protides : 9.56 g Lipides : 33 g Glucides : 28.48 g pour 1 portion

Là, je laisse la parole à Agnès, grâce à qui nous pouvons reprendre contact avec toute la force émotionnelle que mémé et pépé savaient donner à Noël : "Choisir un souvenir précis d'une pâtisserie de Mémé s'avère une mission délicate. Evidemment, j'aurais pu évoquer le souvenir précieux des "Têtes de nègre" ou des "pommes de terre" aux amandes que Mémé nous proposait, parfois, au cours de nos visites du dimanche après-midi, alors que nous étions sur le départ. Je crois qu'elle les préparait avec affection dans la semaine pour se régaler de notre invariable réaction. C'était toujours avec un regard illuminé et un sourire radieux que nous acceptions timidement, en rougissant , comme gênés de notre gourmandise, et nous repartions fièrement, notre trésor à la main. Le goûter du lundi, après l'école, serait un moment de pur bonheur et je ne remercierai jamais assez Mémé pour ces instants magiques de plaisir qu'elle avait le don de prodiguer avec bienveillance. Toutefois, puisqu'il faut faire un choix et partager avec vous une de ces parenthèses d'éternité- merveilleux souvenirs d'enfance dans lesquels nous pouvons nous faire cajoler à volonté- j'aimerais raconter la merveilleuse bûche de Noël de Mémé Diane. J'entends la famille s'étonner: comment, Diane? Mémé s'appelait Simone, mais comme elle ne supportait pas son prénom, elle se faisait appeler Jeanne. Lorsque j'étais toute petite, j'appelais Mémé "Diane" car elle avait une brave chienne prénommée Diane et pour moi, tout cet univers ne faisait qu'un. A cette époque, Pépé Max était encore vivant, et Papa avait encore des vaches à traire. Nous ne passions donc pas la journée de Noël ensemble. Mais quand venait l'après-midi, nous partions à Bourg-de-Péage rendre visite à Pépé et Mémé pour leur souhaiter un joyeux Noël. Lorsque nous avions grimpé les cinq étages, car mes grand-parents habitaient au dernier étage, sans ascenseur, nous devions patienter dans le hall d'entrée avec Mémé. Pépé s'était éclipsé dans la "salle" au fond, à droite, et chose inhabituelle, la porte était fermée. Mes parents et Mémé parlaient sans impatience, insouciants de ce qui pouvait bien se passer derrière cette porte que je ne quittais pas des yeux. Je ne comprenais pas la désinvolture des adultes. L'attente me semblait interminable. Enfin, la porte s'ouvrait et Pépé venait nous accueillir et nous embrasser. Nous pouvions alors entrer. Nous entendions d'abord les chants de Noël, émanant d'un 33 tours judicieusement choisi pour l'occasion. Les voix des choristes étaient majestueuses et solennelles. Invariablement, les adultes évoquaient le temps où Pépé était soliste à la messe de minuit et entonnait Minuit Chrétien pour l'ensemble de la paroisse. Mémé racontait que Pépé buvait un "lait de poule" avant sa performance, pour se mettre en voix, et l'expression me donnait envie de rire, sans doute parce que je ne savais pas ce qu'elle signifiait. Une fois entrés au beau milieu de la pièce, nos regards étaient attirés par les guirlandes du sapin, puis par celles de la crèche. La crèche de mes grand-parents était un spectacle à lui tout seul. Chaque année, Mémé se rendait à Aix-en-Provence en cure pour essayer de soigner ses pauvres jambes couvertes d'ulcères (le prix à payer quand on a eu huit enfants avec une mauvaise circulation sanguine, bien que je ne l'ai jamais entendu se plaindre en ces termes), et lors de leur séjour, ils achetaient des santons de Provence pour LA crèche de Noël. A leur retour, ils nous montraient toujours leurs dernières acquisitions avec fierté et enthousiasme. Dés le mois de Septembre, Pépé sortait les santons et réparait, rénovait, peignait pour que tout soit prêt en Décembre. Ils allaient chercher de la mousse, du houx... Ils achetaient le moins possible et faisaient pratiquement tout par eux-mêmes. Dans mes souvenirs d'enfance, cette crèche était gigantesque, mais je crois qu'en réalité, elle était imposante. Nous pouvions regarder mais sans toucher. Pépé surveillait nos petites mains avides. C'est donc en imagination que tous ces santons prenaient vie. Les moutons gambadaient sur un air de fifre. Le poissonnier saluait une vieille dame courbée sous le poids d'un fagot de bois. Des enfants se faufilaient pour apercevoir l'enfant Jésus. Un espace vide attendait les rois mages qui apparaîtraient le soir de l'épiphanie. La seule chose qui pouvait détourner notre regard et notre imagination faconde de la crèche était l'arrivée de la bûche. Pépé et Mémé avaient huit enfants, mariés ou presque, et peut-être pas encore une vingtaine de petit-enfants, mais la famille était nombreuse. Mémé, excellente pâtissière et distributrice infinie de bonheur, avait à coeur de faire une tranche de bûche pour chacun. Elle confectionnait donc une immense bûche, au chocolat d'un côté et au moka de l'autre, sur une planche interminable, confectionnée sur mesure par Pépé. La bûche était entreposée dans la pièce inoccupée et sans chauffage où Pépé bricolait. et ils entraient dans la "salle" en tenant fièrement la planche, chacun à une extrémité. Le cérémonial était impressionnant pour de jeunes enfants. Assis autour de la table, nous devions ensuite choisir le parfum. J'adorais le chocolat et le choix était cornélien. Pourtant, je choisissais presque toujours la bûche au moka. La crème au beurre était fondante et divinement parfumée. La génoise était légère et comme "noisetée". Je mangeais en silence, me délectant à chaque cuillerée, laissant fondre chaque morceau pour en profiter plus longtemps, assise parmi certains de mes cousins, selon les années. Je me souviens d'avoir partager ce moment une fois avec Colette que j'aimais tant. Souvent Mémé en proposait une deuxième part que je faisais durer encore plus que la première, car je savais qu'il n'y en aurait pas d'autre. Cette bûche était la bûche du partage et elle n'en était que plus précieuse. Ceux qui n'étaient pas en même temps que nous autour de la table, étaient là en pensée. Mémé calculait les parts qu'elle avait déjà distribuées et celles qu'elle aurait encore à offrir, et croyez-moi, c'était au millimètre près. Mémé pouvait partager une tarte en dix-sept tranches et toutes les tranches étaient invariablement égales! C'était un don qui me laissait toujours ébahie. Elle passait en revue les prénoms des absents, donnait des nouvelles d'un tel ou d'une telle, et c'est ainsi que toute la famille se trouvait réunie autour de sa table, en cette belle journée de Noël, don d'éternité où j'aime à retourner en pensée." Malgré le souvenir d'Agnès, ce n'est pas une génoise qui apparaît dans le cahier de recette de mémé, mais un Savoie. Mais je confirme que le goût en était exceptionnel et la texture jamais sèche : peut être à cause de la cuisson ? ou parce que l'ingrédient principal en était l'amour ?

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Ingrédients

  • 8 oeufs
  • 280 de sucre
  • 200 g de farine
  • Pour le Moka :
  • voir cette recette dans "le cahier de cuisine de Mémé Leroux"
  • Pour la crème au chocolat : 1 tablette de chocolat fondant (au moins du 48%)
  • 250 g de beurre,
  • 50 g de Sucre (ou non, selon le goût du chocolat et de la personne)

Matériel

  • 1 planche en bois, soigneusement mesurée et taillée par votre grand-père pour correspondre à la largeur et à la longueur de la bûche. Ensuite, votre mémé la décore de papier cadeau de Noël (avec de petites bougies, et de petites branches de sapin) et prend soin de la recouvrir d'un plastique bien ajusté pour pouvoir la laver et s'en resservir.
  • Des pics à enfoncer dans la bûche une fois terminée : petites scies, petits bûcherons à capuchon, bougies, feuilles de houes, etc.)

Conseils et astuces

Dans le cahier de mémé, les proportions de la bûche sont indiquées en fonction du nombre d'oeufs : Pour un oeuf : 35 g de sucre,

25 g de farine.

Il y a autant de proportions que de nombre d'oeufs que l'on peut utiliser. Ici c'est la plus grande. J'indique des temps de cuisson et de pose pour 2 plaques environ, mais tout dépend du nombre de plaques que vous faites et du nombre de parts que vous prévoyez : ils sont très variables. C'est pareil pour le nombre de parts !

Préparation

1

Pour le gâteau : Cassez les oeufs et séparez les blancs des jaunes.

2

Battez les blancs en neige ferme avec 1 pincée de sel.

3

Préchauffez le four à 210°C

4

Travaillez longuement les jaunes avec le sucre pour obtenir une préparation blanche et mousseuse.

5

Ajoutez alors la farine. Mélangez bien.

6

Ajoutez 2 cuil à soupe de blancs en neige à la préparation pour l'assouplir, remuez énergiquement. Incorporez délicatement les autres blancs en travaillant de bas en haut, et en enroulant la cuillère autour.

7

Prenez des plaques anti-adhésives, ou tapissez de papier sulfurisé votre plaque à pâtisserie. Mieux : faites les deux.

8

Versez la pâte sur la plaque, égalisez la surface avec une spatule et enfournez.

9

Comptez 10 mn de cuisson, mais il est plus prudent de bien surveiller : la cuisson est rapide !

10

Mouillez un torchon propre, essorez-le et étalez-le.

11

Sortez le biscuit du four et retournez-le sur le torchon humide.(Décollez le papier sulfurisé si vous en avez mis).

12

Enroulez le biscuit avec le torchon et laissez refroidir au moins 1 heure.

13

Ensuite, déroulez doucement le biscuit. Tartinez copieusement de crème au parfum de votre choix et roulez de nouveau doucement, sans trop laisser la crème s'enfuir par les côtés. Si ce malheur arrive, vous avez le droit d'en récupérer un peu sur le bout des doigts et de les lécher. Mais pas trop, n'exagérons pas.

14

Égalisez bien les bords, et recouvrez l'ensemble de crème, soigneusement pour que tout soit lisse et qu'il n'y ait aucune irrégularité (mémé n'a pas transmis son secret, je ne peux pas vous dire comment elle faisait).

15

Pour finir, décorez à la fourchette, en lignes continues, jamais ininterrompues et toutes de la même profondeur : là encore débrouillez-vous, moi, je ne sais pas comment elle y arrivait !

Chatuzange le Goubet 26 300

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stefan238
stefan238
le 10.11.2011
Joli moment d'émotions, merci à Agnès de nous avoir fait vivre et revire ces instants!
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